Édition au Québec : l’ANEL renouvelle sa direction face aux défis de l’IA et du financement

L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) ouvre un nouveau chapitre de sa gouvernance. Réunie en assemblée générale annuelle le 10 septembre 2026, l’organisation représentant une grande partie des maisons d’édition francophones du Québec et du Canada a renouvelé son conseil d’administration pour 2026-2027.

À sa tête, pas de changement : Geneviève Pigeon, des éditions L’Instant même, conserve la présidence. Une continuité qui intervient alors que le monde de l’édition doit composer avec plusieurs dossiers particulièrement sensibles, de l’essor de l’intelligence artificielle au financement du secteur.

Geneviève Pigeon reste à la présidence de l’ANEL

Élue pour la première fois à la présidence en 2023, Geneviève Pigeon poursuit donc son travail à la tête de l’Association nationale des éditeurs de livres.

Elle entame ainsi un deuxième mandat complet et sera entourée d’un conseil d’administration réunissant des professionnels issus de maisons d’édition aux profils variés.

Jean Paré, de Saint-Jean Éditeur, occupe la fonction de vice-président, tandis que Mylène Bouchard, de La Peuplade, devient secrétaire-trésorière.

Elodie Comtois, des éditions Écosociété, représentera pour sa part Québec Édition.

Le conseil accueille également Véronique Fontaine (Fonfon), Caroline Fortin (Québec Amérique), Arnaud Foulon (MD/Groupe HMH), Corinne Delporte (CrackBoom!), Anne Migner-Laurin (Éditions du remue-ménage), Nicolas Trost (Les 400 coups) et Lucie Demers (Septembre éditeur).

Une équipe qui aura plusieurs dossiers importants à traiter au cours des prochains mois.

L’intelligence artificielle au cœur des préoccupations des éditeurs

Sans surprise, l’intelligence artificielle fait partie des grands sujets qui devraient occuper l’ANEL durant l’année 2026-2027.

Pour les éditeurs comme pour les auteurs, le développement rapide des outils d’IA générative pose de nouvelles questions concernant l’utilisation des œuvres, leur reproduction et, plus largement, la protection de la propriété intellectuelle.

L’enjeu dépasse désormais largement la seule apparition de textes générés artificiellement. Il touche directement au droit d’auteur, notamment lorsque des contenus protégés peuvent être utilisés dans le développement ou l’entraînement de systèmes d’intelligence artificielle.

L’ANEL entend donc poursuivre son travail sur la place et la protection des œuvres dans ce nouvel environnement technologique.

Le financement de l’édition reste un dossier majeur

Autre priorité : le financement.

Le secteur québécois du livre évolue dans un contexte économique complexe, entre hausse des coûts de production, fragilité de certaines structures éditoriales et évolution des habitudes d’achat.

La question des moyens accordés à l’édition devrait donc occuper une place importante dans les travaux du nouveau conseil d’administration.

L’association joue ici un rôle d’interlocuteur entre les maisons d’édition et les pouvoirs publics. Elle porte les préoccupations du secteur tout en défendant les conditions nécessaires au maintien d’une production éditoriale diversifiée.

Plus de moyens pour acheter des livres dans les écoles

L’ANEL souhaite également remettre au centre des discussions les budgets consacrés à l’achat de livres dans les établissements scolaires.

Pour les éditeurs, ces enveloppes représentent évidemment un enjeu économique, mais elles participent aussi à la circulation des œuvres et à l’accès des jeunes lecteurs à une production littéraire variée.

Bibliothèques scolaires, renouvellement des collections et découverte de nouveaux auteurs sont directement liés aux moyens dont disposent les établissements.

Cette question devrait donc faire partie des principaux dossiers défendus par l’association au cours de son nouveau mandat.

Qu’est-ce que l’Association nationale des éditeurs de livres ?

Créée en 1992, l’Association nationale des éditeurs de livres est issue du rapprochement de deux organisations plus anciennes : l’Association des éditeurs, fondée en 1943, et la Société des éditeurs de manuels scolaires du Québec, créée en 1960.

Aujourd’hui, l’ANEL rassemble une grande partie des maisons d’édition de langue française du Québec et du Canada.

Sa mission ne se limite pas à représenter les éditeurs auprès des institutions. L’association intervient également dans la promotion du livre, la formation des professionnels et l’accompagnement des maisons souhaitant développer leur présence sur les marchés internationaux.

À travers Québec Édition, elle contribue notamment au rayonnement de la production éditoriale québécoise à l’étranger.

Une année 2026-2027 stratégique pour l’édition québécoise

Le renouvellement du conseil d’administration intervient finalement à un moment où plusieurs transformations touchent simultanément le monde du livre.

L’intelligence artificielle oblige le secteur à repenser certaines questions liées au droit d’auteur. Les contraintes économiques interrogent les mécanismes de soutien à l’édition. Dans le même temps, la place accordée aux livres dans les écoles reste essentielle pour favoriser la lecture et assurer la circulation des œuvres.

En reconduisant Geneviève Pigeon à sa présidence, l’ANEL fait le choix de la continuité pour aborder ces différents dossiers.

Le mandat 2026-2027 devrait ainsi être largement consacré à une même question : comment préserver les conditions permettant aux éditeurs francophones de publier, diffuser et défendre leurs œuvres dans un secteur du livre en pleine transformation ?

Partager :

Facebook
Twitter
Pinterest
LinkedIn