Livre : le recul économique se confirme au deuxième trimestre 2025, malgré un niveau supérieur à l’ère pré-Covid

L’année 2026 s’annonce difficile pour l’industrie du livre. Selon la dernière analyse conjoncturelle du ministère de la Culture, publiée par le DEPS (Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation), la baisse de l’activité économique du secteur culturel marchand se confirme au deuxième trimestre 2025.
Si le livre résiste mieux que d’autres pans de la culture, la tendance au ralentissement est désormais bien installée.

Une baisse généralisée du chiffre d’affaires culturel au T2 2025

Au deuxième trimestre 2025, le chiffre d’affaires des secteurs culturels marchands recule de 212 millions d’euros, soit –1 % en valeur et –2 % en volume par rapport à la même période en 2024. Cette évolution prolonge une dynamique déjà observée au premier trimestre, marqué par une baisse de 5 % en volume et de 2 % en valeur.

Ce repli concerne l’ensemble du champ marchand de la culture, confirmant une morosité économique durable, après plusieurs années de croissance post-Covid.

Le livre en léger retrait en volume, mais stable en valeur

Pour le secteur du livre, la situation apparaît contrastée.
Au deuxième trimestre 2025 :

Cette stabilité apparente masque donc une réalité plus nuancée : les ventes en nombre d’exemplaires reculent, mais l’augmentation des prix compense mécaniquement la baisse des volumes.

Une activité toujours supérieure à celle de 2019

La principale note positive réside dans la comparaison avec l’année 2019, dernière référence avant la crise sanitaire.
Au deuxième trimestre 2025 :

Ces chiffres illustrent l’ampleur de l’inflation du prix du livre sur six ans, mais montrent aussi que la filière n’a pas retrouvé un niveau structurellement fragile comparable à l’avant-Covid. Pour autant, l’argument du simple « retour à la normale » commence à montrer ses limites, six ans après.

La fin d’année, pilier fragile de l’économie du livre

L’analyse des six dernières années confirme un schéma désormais bien connu : le quatrième trimestre constitue un point haut systématique pour l’économie du livre, porté par les fêtes de fin d’année.
Décembre concentre une part majeure des ventes annuelles, le livre restant un cadeau privilégié.

Mais cette forte saisonnalité pose plusieurs problèmes structurels :

Ce phénomène n’est toutefois pas propre au livre : il concerne l’ensemble du secteur culturel marchand, dont les quatrièmes trimestres sont également tirés par les ventes de fin d’année et les clôtures comptables.

Une filière résiliente, mais sous tension durable

Si le livre conserve une meilleure tenue économique que d’autres industries culturelles, les données du deuxième trimestre 2025 confirment une réalité désormais difficile à ignorer : la filière est entrée dans une phase de ralentissement structurel.
Entre recul des volumes, hausse des prix, prudence des acheteurs et concentration des ventes sur quelques semaines clés, les équilibres économiques restent fragiles pour les éditeurs, les libraires et l’ensemble de la chaîne du livre.