Les petites bonnes femmes de Isabel Voisin et Abinun

Titre : Les petites bonnes femmes
Auteur : Isabel Voisin et Abinun
Editeur : Unicité
Genre : Poésie
15 €
Ibsn : 978-2-38638-248-2
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4ème de couverture/Résumé

Les petites bonnes femmes : Isabel Voisin a publié des poèmes dans divers ouvrages collectifs et anthologies ainsi qu’en revues, en particulier dans À l’index, Décharge, Écrits du Nord, Europe, La Passe, L’Intranquille, MuseMedusa… Elle a contribué à différents projets artistiques, avec notamment le photographe Martial Verdier ou le musicien Philippe Botta et un premier très court-métrage déjà avec Abinun. Après Estaciones de los muertos / Stations des morts, Les petites bonnes femmes —dans le compagnonnage d’Abinun — est son second recueil aux Éditions Unicité.
Abinun, peintre, graveur, sculpteur, à l’occasion scénographe et vidéaste, mêle différentes techniques sur des supports variés dans des œuvres où reflets, reliefs, fragments, ouvertures et passages s’entrecroisent, multipliant et foutant les perspectives. À travers les grands mythes et l’observation du quotidien, le plasticien interroge les symboles et les images-signes : « L ‘art a-t-il un langage ? Y a-t-il une syntaxe des formes ? Peut-on lire un tableau comme on lit un livre ? ». Il expose régulièrement ses œuvres et est présent dans les réserves du Centre National d’Art et de Culture Georges-Pompidou, de la bibliothèque Kandinsky et de la BNF, section des livres rares.

La chronique de P. Blondeau

Voici un livre à voir autant qu’à lire. Non que le texte en soit indifférent, loin de là, mais il se dessine dans l’espace de la page en forme de silhouette, imitant parfois le tracé des illustrations, ou simplement prenant position comme les personnages qu’il évoque. Les vers, généralement très courts, mettent aussi en espace les mots, un instant suspendus de leur syntaxe. Les titres, en espagnol, ondulent librement dans le blanc de la page, variant orientations et couleurs. Le livre lui-même s’ouvre à l’horizontale, un peu comme une boite à trésors.
Du texte ou de l’image, le livre ne dit pas ce qui est premier, et c’est tant mieux car il ne s’agit pas ici d’illustration, ni même d’un livre d’artiste au sens habituel du terme, mais bien plutôt d’un dialogue à distance, ou encore d’un jeu de miroir, fidèle ou déformant. Le texte et l’image se redoublent ou se dédoublent, le texte parfois poursuivant seul son aventure.
Qui sont donc ces petites bonnes femmes ? Ce sont bien sûr les figures représentées ici par Abinun, corps arrêtés ou en mouvement, postures le plus souvent banales, un peu étranges pourtant. Mais ce sont aussi les diverses illustrations d’une unique petite tragédie féminine qui se poursuit d’un poème à l’autre : blessures, abandons, désirs ou renoncements ; le banal destin des « petites bonnes femmes ».
En 2023, Isabel Voisin avait déjà collaboré avec Jacques Abinun pour un film d’animation : “Sous la peau de l’eau”. En 2024, chez le même éditeur elle a publié “Estaciones de los muertos / Stations des morts”, expérience d’écriture oscillant entre deux langues, le français et l’espagnol, langue des origines familiales.

Chronique de P. Blondeau