Coup de chaleur à Francheterre de Marc Desaubliaux

Titre : Coup de chaleur à Francheterre
Auteur : Marc Desaubliaux
Editeur : Harmattan
Genre : Roman Historique
23 €
Ibsn : 978-2-336-53609-5
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4ème de couverture/Résumé

Juillet 1830. La révolution gronde à Paris. À Francheterre, petit village de la forêt de Rambouillet, le temps s’écoule tranquillement au rythme des saisons et de la terre. La famille d’Aussier de Jarzé occupe le château et domine paternellement la vie des villageois : la plupart sont sans opinion politique, d’autres bonapartistes, quelques-uns républicains, mais tout ce petit monde vit en relative bonne entente.
Chaque jour, la diligence de Chartres s’arrête au relais de poste et apporte les nouvelles de la capitale. Un jour, apparaissent en même temps un notaire parisien, fils du régisseur du château venu se mettre à l’abri des violences parisiennes pour des raisons mystérieuses, et aussi un homme et sa fille qui vont semer bien du désordre à cause d’événements datant de la Grande Révolution. Que viennent-ils faire là ?
Au milieu de tous, un enfant intrépide, passionné d’équitation, de chevalerie, de forêt, Amédée d’Aussier de Jarzé, qui brûle du désir de servir le roi.

La chronique de La rédaction

Dans Coup de chaleur à Francheterre, Marc Desaubliaux choisit de raconter l’Histoire à hauteur d’homme, dans ce moment fragile où rien n’a encore basculé mais où tout vacille déjà. L’été 1830 n’est pas ici une date, mais une sensation : celle d’une chaleur lourde, persistante, qui s’insinue partout et annonce, bien avant les événements, l’effondrement imminent d’un ordre ancien.

Le roman avance avec une lenteur maîtrisée, presque contemplative. La plume, élégante et précise, s’attarde sur les paysages, les gestes quotidiens, les silences chargés de sens. Francheterre, Versailles, Paris deviennent les théâtres d’une même inquiétude sourde. Marc Desaubliaux ne force jamais le trait : il laisse l’atmosphère faire son œuvre, jusqu’à ce que le lecteur ressente lui-même cette impression d’étouffement, à la fois physique et politique.

Amédée de Jarzé, figure centrale du récit, incarne cette génération prise entre héritage et lucidité. Fidèle à la monarchie par éducation autant que par loyauté intime, il observe pourtant la fragilité d’un système qui se fissure sous ses yeux. Son parcours, tout en retenue, donne au roman une profondeur mélancolique rare : celle de ceux qui comprennent que le monde auquel ils appartiennent est condamné, sans pour autant pouvoir s’en détacher.

Loin des grandes scènes spectaculaires, Coup de chaleur à Francheterre s’attache à ce qui précède la rupture : l’attente, le doute, l’inquiétude diffuse. La chaleur, omniprésente, devient le symbole d’un pouvoir à bout de souffle et d’une société arrivée à saturation. Chaque page semble chargée de cette tension silencieuse, prête à se transformer en fracas.

Par sa langue classique et incarnée, par sa manière de faire dialoguer l’intime et le politique, Marc Desaubliaux signe un roman historique exigeant et profondément humain. Coup de chaleur à Francheterre est une chronique sensible de la fin d’un monde, un récit où l’Histoire ne s’impose pas brutalement, mais s’insinue lentement, jusqu’à devenir inévitable.

Chronique de La rédaction