Bato.to fermé : le plus grand site de piratage de mangas démantelé

Le réseau Bato.to, présenté comme « le plus grand site de piratage de mangas au monde », a été définitivement mis hors ligne en janvier 2026. Cette fermeture marque un tournant majeur dans la lutte internationale contre le piratage de mangas, manhwa et manhua, après une enquête coordonnée entre éditeurs japonais, partenaires chinois et autorités locales.

Une opération coordonnée contre le piratage de mangas

Selon CODA (Content Overseas Distribution Association), à l’origine de l’action, la chute de Bato.to fait suite à une perquisition menée le 19 novembre 2025 dans la région autonome zhuang du Guangxi, en Chine. L’enquête a impliqué les forces de police de Shanghai et des partenaires éditoriaux internationaux.

Le suspect principal, accusé d’atteinte au droit d’auteur, a reconnu avoir opéré l’ensemble du réseau. Placé en détention puis libéré sous caution, il aurait joué un rôle central dans l’exploitation de la plateforme depuis au moins 2018. Les serveurs et ordinateurs personnels ont été saisis afin d’analyser l’organisation du réseau.

Un réseau mondial de diffusion illégale

Lancé en 2014, Bato.to proposait sans autorisation des mangas japonais, mais aussi des manhwa coréens et des manhua chinois, traduits en plus de 50 langues. Autour du site principal gravitaient environ 60 sites miroirs, dont xbato.com et mangapark.io, permettant de contourner les blocages nationaux.

D’après CODA, plus de 1000 titres appartenant à de grands éditeurs japonais étaient accessibles illégalement. Parmi les ayants droit plaignants figurent notamment Kadokawa, Kodansha, Shueisha, Shogakukan et Square Enix.

Une enquête qui dépasse le site Bato.to

Après la perquisition, certains sites ont été maintenus temporairement en ligne dans un mode restreint, afin de préserver les preuves. Cette phase a entraîné de nombreux dysfonctionnements techniques signalés par les utilisateurs, avant la fermeture complète confirmée le 19 janvier 2026.

CODA indique que l’enquête se poursuit au-delà de l’opérateur principal. Des personnes impliquées dans la traduction, la diffusion et l’animation de communautés en ligne auraient été identifiées dans plusieurs pays, illustrant l’ampleur transnationale du réseau de piratage.

Des chiffres records de fréquentation et de pertes économiques

Pour mesurer l’impact du réseau, CODA avance des chiffres impressionnants :

Les revenus publicitaires du réseau auraient dépassé 400 000 RMB par mois lors des périodes les plus actives, renforçant l’argument d’une exploitation commerciale structurée du piratage.

Un signal fort pour l’industrie du manga et du webtoon

En parallèle de cette affaire, le groupe sud-coréen Kakao Entertainment a également communiqué sur ses propres actions antipiratage via son unité P.CoK, tandis que plusieurs communautés liées à Bato.to sur Discord et Reddit ont annoncé leur fermeture.

Selon CODA, les premiers effets économiques sont déjà visibles. NTT Solmare, exploitant de la librairie numérique MangaPlaza, aurait constaté un doublement de ses ventes quotidiennes immédiatement après la fermeture de Bato.to.

Une avancée majeure contre le piratage de mangas avec la fermeture de bato.to

Pour Takero Goto, directeur représentant de CODA, cette opération constitue « une avancée majeure dans la lutte internationale contre le piratage ». L’organisation affirme poursuivre ses investigations afin d’établir l’ensemble des responsabilités et d’envoyer un signal dissuasif clair aux sites de traduction et de diffusion non autorisées.

La chute de Bato.to pourrait ainsi marquer un rééquilibrage durable en faveur des plateformes légales, dans un contexte où le manga et le webtoon connaissent une croissance mondiale sans précédent.