C’est le mois de l’imaginaire, et avec lui revient l’envie de pousser la porte de royaumes inconnus, d’affronter des créatures oubliées et de partir sur les traces de héros dont le destin dépasse souvent tout ce qu’ils avaient imaginé. Fantasy épique, mondes post-apocalyptiques, magie, mythologies ou intrigues politiques : le genre n’a jamais été aussi diversifié. Pour l’occasion, voici 5 romans et sagas de fantasy à lire, entre grands noms du genre et œuvres françaises plus récentes.
Sang-Fiel – Les Pâles de Pierre Grimbert
Vingt ans après la chute du monde, l’humanité pourrait bien vivre ses dernières heures derrière les murailles de Tar-Awen. C’est dans cette cité assiégée que Pierre Grimbert installe Les Pâles, premier tome de sa nouvelle saga Sang-Fiel, paru en juillet 2026 chez Pyrélion.
À l’extérieur rôdent les Pâles, les créatures responsables de la destruction des anciens royaumes. À l’intérieur, les survivants reconstruisent inlassablement leurs défenses et vivent avec la certitude que leurs ennemis finiront par revenir.
Danis, simple manœuvre affecté aux chantiers, n’a a priori rien d’un héros. Jusqu’à une chute qui aurait dû lui être fatale. Il survit. Mais à Tar-Awen, survivre à ce qui aurait dû tuer un homme n’est pas considéré comme un miracle : c’est le signe que quelque chose ne va pas.
Avec Sang-Fiel, Pierre Grimbert revient à la fantasy avec un univers où la survie, les secrets, les alliances et les trahisons prennent une place centrale. L’auteur du célèbre Secret de Ji imagine cette fois un monde marqué par une catastrophe ancienne et une humanité retranchée derrière ses dernières fortifications.
Une fantasy française sombre et épique qui constitue une excellente découverte pour ce Mois de l’imaginaire.
Les Chroniques du Nouveau-Monde de Joffrey Lebourg
Et si notre civilisation devait disparaître pour que la Terre puisse recommencer ?
Avec Les Chroniques du Nouveau-Monde, Joffrey Lebourg imagine une planète transformée après l’intervention des Gardiens, des êtres millénaires chargés de préserver l’équilibre universel. Face à une Terre épuisée par l’activité humaine, ils ont bouleversé l’ordre du monde et permis à la nature comme aux créatures magiques de reprendre leur place.
Des siècles plus tard, le monde qui en résulte mêle héritages de l’Antiquité, magie, mythologies et traces de notre modernité.
C’est là que vit Salamandre, une jeune fille dotée d’un pouvoir de double-vue. Lorsqu’elle conclut un pacte avec une déesse, son existence bascule et une immense aventure commence. Son voyage la conduit à travers les différents Empires du Nouveau-Monde, au milieu des dieux, des Gardiens, des créatures fantastiques et de forces dont les ambitions dépassent largement son propre destin.
La saga se compose de trois romans : L’Odyssée de Salamandre, La Quête de Salamandre et Le Destin de Salamandre. Au fil des tomes, le voyage initiatique de son héroïne gagne en ampleur et en noirceur, jusqu’à une dernière quête mettant en jeu l’avenir même de la Terre.
Joffrey Lebourg construit ainsi une fantasy mythologique française particulièrement dépaysante, où l’aventure côtoie des réflexions sur l’écologie, l’héritage des civilisations, la mémoire et la place de l’être humain dans son environnement.
Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski
Avec Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski montre que la fantasy peut également se transformer en immense jeu de pouvoir.
Publié en 2009, le roman nous entraîne dans le Vieux Royaume aux côtés de Benvenuto Gesufal, assassin et homme de main du dirigeant de la République de Ciudalia. La guerre touche à sa fin, mais gagner une bataille est une chose ; survivre aux intrigues qui accompagnent la victoire en est une autre.
Benvenuto va se retrouver plongé dans un univers de négociations secrètes, de complots, de trahisons et de règlements de comptes où la politique peut être au moins aussi dangereuse que la magie.
L’une des grandes forces du roman tient justement à son mélange des genres. L’univers relève pleinement de la fantasy, mais puise également dans le roman historique et le récit de cape et d’épée, avec une atmosphère rappelant par moments les cités italiennes de la Renaissance.
Récompensé par le prix Imaginales du meilleur roman francophone en 2009, Gagner la guerre est devenu une œuvre majeure de la fantasy française. Pour ceux qui apprécient les personnages moralement ambigus et les grandes intrigues politiques, difficile de passer à côté.
L’Assassin royal de Robin Hobb
Certains héros sont destinés à devenir rois. D’autres sont élevés pour servir la couronne dans l’ombre.
Avec L’Assassin royal, Robin Hobb raconte le destin de FitzChevalerie Loinvoyant, fils bâtard d’un prince héritier confié très jeune à la cour des Six-Duchés.
Son statut fait de lui une anomalie politique autant qu’un outil potentiel. Fitz apprend progressivement à survivre dans un monde gouverné par les intrigues de cour, les rivalités dynastiques et les menaces venues de l’extérieur. Il découvre également deux formes de magie, l’Art et le Vif, qui vont profondément influencer son existence.
Mais L’Assassin royal doit surtout sa réputation à ses personnages. Robin Hobb construit une fantasy profondément humaine, où les relations, les blessures et les sacrifices comptent autant que les batailles. Fitz grandit, commet des erreurs, aime, perd et tente continuellement de trouver sa place dans un monde qui semble avoir décidé de son rôle à sa place.
Commencée en 1995 avec Assassin’s Apprentice, traduit en français sous le titre L’Apprenti assassin, la saga constitue aujourd’hui l’une des grandes portes d’entrée vers la fantasy épique anglo-saxonne.
La Passe-Miroir de Christelle Dabos
Pour notre dernière destination, direction un monde littéralement brisé.
Dans La Passe-Miroir, Christelle Dabos imagine un univers composé d’arches flottant dans le vide, chacune possédant sa propre culture et ses particularités. Sur Anima vit Ophélie, une jeune femme discrète dotée de deux capacités extraordinaires : elle peut lire le passé des objets en les touchant et traverser les miroirs.
Sa vie bascule lorsqu’elle est promise en mariage à Thorn, membre d’un puissant clan vivant sur l’arche du Pôle. Ophélie quitte alors son univers familier pour découvrir une société dominée par les apparences, les rivalités familiales et les intrigues politiques.
Derrière son apparence de grande aventure fantastique, La Passe-Miroir construit progressivement un univers beaucoup plus complexe. Les pouvoirs magiques, les esprits de famille, les secrets du passé et les jeux de pouvoir s’imbriquent dans une intrigue qui prend de l’ampleur à mesure que l’héroïne comprend le monde qui l’entoure.
Le premier tome, Les Fiancés de l’hiver, publié en 2013, a ouvert un cycle en quatre volumes et contribué à installer Christelle Dabos parmi les grandes voix de la fantasy francophone contemporaine.
Un Mois de l’imaginaire sous le signe de la fantasy
De la cité assiégée de Sang-Fiel au Nouveau-Monde mythologique de Joffrey Lebourg, des complots de Gagner la guerre aux Six-Duchés de L’Assassin royal et aux arches de La Passe-Miroir, ces cinq lectures illustrent surtout l’extraordinaire diversité de la fantasy.
Car le genre ne se résume plus depuis longtemps aux chevaliers, aux dragons et aux grandes batailles. Il permet de parler de pouvoir, d’écologie, de transmission, d’identité, de mémoire ou encore de notre rapport aux autres en inventant des mondes qui obéissent à leurs propres règles.
Et c’est peut-être précisément ce que célèbre le Mois de l’imaginaire : cette capacité qu’ont les livres à nous faire quitter notre monde pour quelques centaines de pages… afin de nous permettre, parfois, de le regarder autrement.




